mercredi 26 septembre 2012

"TERRE D'ENFANCE" : Bergère...

Un autre aveu...cher(e)s lectrices et lecteurs de "Terre d'enfance"...

Le tableau "Bergère", de même que "Mando", est le fruit entier de mon imagination :


Extrait :
(...)"Ces paysages m’étourdissaient de bonheur, de fraîcheur et d’éternité. C’était ça la liberté et ce fut à quinze ans, je crois, que j’eus pour la première fois le pressentiment de ma vocation en rencontrant Ulysse, le berger du Col de la Croix blanche.
Pâtre d’un immense troupeau de quelques milliers de brebis, d’agneaux et de béliers, il vivait là, de mai à octobre, en symbiose totale avec la montagne, solide gardien de chaque brebis, veillant sur chacune, connaissant le nom de beaucoup, appliquant les conseils du propriétaire, écoutant chaque bêlement, chaque cri 
d’oiseaux, regardant chaque nuage, contemplant chaque
coucher de soleil, lever de la lune qui blanchissait encore 
plus la laine de ses brebis. Blotti contre un rocher, il se 
confiait à certaines têtes aux oreilles remuantes et au 
crâne bien dur, ou bien leur déclamait les vers qu'il 
composait face aux cirques naturels.
Sa cabane, près de la source, regorgeait de curiosités : 
cailloux, os, bois, fleurs ou plantes séchées, vieilles 
photos et tableaux noircis : tout avait un sens pour lui.
Ce pâtre m’apprit durant plusieurs étés à apprivoiser la 
montagne et les moutons, à vivre à cette altitude, à 
apprécier la solitude et les vastes paysages, à communier 
avec cette nature parfois rude mais envoûtante et
tellement essentielle.
Le reste de l’année, une fois rentrée à la maison
paternelle, je ne cessais de penser à mon ami le pâtre et 
attendais avec ferveur les beaux jours.(...)"

Bien entendu, vous ne croyez qu'à moitié mon aveu.
Et pour preuve cette vieille photo, dans les Pyrénées, rencontre marquante et fugace avec un berger de transhumance.
Longtemps bergère d'un troupeau incontrôlé, cette activité m'a permis de lire à ciel ouvert, à l'ombre des noisetiers de la Cabane, à satiété, sous le regard du berger éternel.
Voici les lointaines descendantes du troupeau paternel : 









En lévitation...
Sur  ce troupeau, je ne peux vous en dire plus, je ne connais pas le nom de chaque brebis, du bélier, du berger, du chien.

Par contre, je vous invite à faire connaissance avec l’inénarrable troupeau du "Génie des alpages" du dessinateur F'murr, B.D culte pour beaucoup de bergers et bergères, saisis d'un fou rire aux propos délirants d'  Athanase Percevalve-le berger, de Romuald-le bélier et des 200 brebis toutes nommées,  comme : Abousimbelle, Le prince-Ringuette, Georges Sand,  St Thomas d'Aquinette, Rouflaquette, Paulette (etc...) :
 
Cette série se base sur un comique du non-sens avec de nombreux clins d'œil littéraires.
 Elle développe un caractère loufoque et profondément décalé, où l'auteur se permet d'aborder toute une quantité de sujets divers (philosophiques, sociaux, politiques) à travers la naïveté, l'hystérie ou l’excentricité de ses bêtes.




Panurgisme...

vendredi 21 septembre 2012

MANDO...

En ce 21 septembre, qui pourrait être une triste date anniversaire du décès de Mando...

...chères et chers lectrices et lecteurs de "Terre d'enfance", je vous dois un aveu, à ne lire qu' après avoir fait la connaissance de feu Mando (p. 41-42 du recueil):


C’était l’été 1968.
Je jouais seule, dans la cour de la ferme, sous le grand tilleul. C’est là qu’il arriva et que je le vis pour la première fois. Je m’en souviens parfaitement et peux revivre cet instant juste en fermant les yeux.
Notre rencontre fut un vrai coup de foudre, en un regard.
De plus en plus intriguée par la vie solitaire qu’il menait et par sa discrétion sur ses relations, je réussis à l’inviter plusieurs jours chez nous.
À partir de là, Mando devint mon meilleur ami. Mando l’intransigeant avec qui je partageais tout, depuis les premières heures du jour.
Intransigeant, il contrôlait mes amitiés. Exigeant, il régnait sur un certain nombre de choses matérielles.
Indépendant, je n’avais pas de nouvelles pendant quelques jours et ne devais rien savoir. Jaloux, il se renfrognait lors de mes sorties.
Cet ami de tous les jours devint un amour d’une douceur inhumaine; on se comprenait sans rien se dire. Je lui avais fait de graves confidences dès les premiers temps et il m’écoutait toujours aussi attentivement, en vrai psychanalyste, les yeux fermés.
Il était profondément fidèle, malgré ses absences; aucune trahison, aucune blessure, aucun heurt. Nulle souffrance, ni tourment, il ne pouvait y avoir qu’une ombre, celle de la maladie ou d’un accident.
Ce fut le cas, le 21 septembre, il y a dix ans (…)


Voilà : même si le substrat, les strates, les images de ce texte ont la couleur de la réalité, tout ce texte est pure fiction, imagination.

L'aveu : Mando n'a jamais existé...Eh oui!!
Si ce n'est dans mon coeur, bien sûr...



Alors,
pour cultiver le zen et rester dans le sujet
(mes lecteurs comprendront)
voici quelques photos d'instants de pure félicité :













A VOS RELAX...

jeudi 13 septembre 2012

mardi 11 septembre 2012

Qu'on se le dise...!!

"TERRE D'ENFANCE " (version papier) est désormais disponible à la librairie Calligram' de Mazamet,
à la boutique Kedubo avenue Mermoz à Mazamet,
à la librairie St Dominique au monastère des Dominicaines à Prouilhe (près de Fanjeaux-Aude).

samedi 8 septembre 2012

L'UNIVERS de "TERRE D'ENFANCE"/ 8 - : les premiers livres de l'enfance...

De mes premières lectures, je garde, essentiellement, le souvenir ébloui de deux livres : 

-le premier, c'est "Boucle d'or et les trois ours":

Ce conte aborde la question de la place de l'enfant dans la fratrie et celle de la quête d'identité.
La morale de l'histoire peut se résumer à l'idée que l'intimité des autres devrait être respectée.

Pour vous rappeler l'histoire, les différentes versions (l'intruse dans la maison des ours a été aussi une vieille femme, une renarde etc...) allez voir :
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Boucles_d'or_et_les_Trois_Ours.

Voici LE livre et ses illustrations que j'ai eu entre mes mains :

Livre Image
de Molly B.Thomson, collection Fantaisie, 1958  

Il était une fois......trois ours qui vivaient dans une confortable maison au fond des grands bois. Il y avait un gros Papa-Ours un peu bourru, une Maman-Ours de moyenne taille et un tout petit Bébé-Ours.
Chacun possédait sa chaise et son bol.
Dans la chambre il y avait trois lits, un très grand pour papa ours, un moyen pour maman ours et un tout petit pour bébé ours...







Et les trois ours s'enfoncèrent dans les grands bois, humant l'air frais le long des sentiers. Pendant que les trois ours s'amusaient, une petite fille aux magnifiques cheveux blonds passait par là. Elle s'appelait Boucles d'Or.
Lorsqu'elle aperçut la maison des ours, elle y entra car elle était bien fatiguée et avait grand faim.

" Venez voir ! Quelqu'un est couché dans mon petit lit ! " s'exclama le Bébé-Ours tout surpris. Papa-Ours avait une si grosse voix, que Boucles d'Or entendit en rêve le barrissement d'un éléphant. Quand Maman-Ours prit la parole, elle crut qu'un corbeau croassait. En entendant Bébé-Ours, elle crut être piquée à l'oreille par un gros bourdon velu, et elle s'éveilla en sursaut. Elle aperçut alors les trois ours. Aussitôt, elle bondit hors du lit et s'enfuit à toutes jambes. Elle ne s'arrêta de courir que lorsqu'elle atteignit sa maison à la lisière des grands bois.
Alors, Papa-Ours répara la petite chaise qui fut bientôt toute neuve. Maman-Ours remit un peu d'ordre dans la chambre, et ils s'installèrent devant trois bols de bouillie d'avoine, qui n'était plus ni trop chaude, ni trop froide, mais 
juste à point ."




-le deuxième :"La Reine des Neiges", conte d'Andersen, illustrations de Bernet, 1945, auquel j'ai consacré quelques pages, toutes imaginaires, dans mon recueil "Terre d'enfance".
Je ne peux résister au plaisir de feuilleter cet album avec vous et de vous offrir quelques images :





















mercredi 5 septembre 2012

L'UNIVERS de "TERRE D'ENFANCE"/ 8 - : les livres...encore...

La nature, la culture, l'enfance en abondance :

moins important dans mes lectures d'enfance que "Le Grand Meaulnes" mais très marquant, voici des extraits de ce livre magique "Tistou les pouces verts" de Maurice Druon:

Tistou est le fils d'un riche fabricant de canons. Il vit heureux dans la Maison-qui-brille. Parce qu'il s'endort en classe, ses parents décident de l'envoyer s'instruire auprès des grandes personnes, c’est à dire dans le jardin.

Lisez l'avant-propos de Maurice Druon, reproduit sur le blog suivant :

"- Mais puisqu'on n'avait pas mis de graines, Monsieur Moustache, d'où viennent ces fleurs ? - Mystère... mystère..., répondit Moustache. Puis, brusquement, il prit entre ses mains rugueuses les petites mains de Tistou, en disant :
 - Montre-moi donc tes pouces ! Il examina attentivement les doigts de son élève, au-dessus, au-dessous, dans l'ombre et dans la lumière.
 - Mon garçon, dit-il enfin après mûre réflexion, il t'arrive une chose aussi surprenante qu'extraordinaire. Tu as les pouces verts."M


a

"Le docteur Mauxdivers montra à Tistou la salle où l'on préparait les petites pilules roses contre la toux, la pommade jaune contre les boutons, les poudres blanches contre la fièvre. Il lui montra la salle où l'on peut regarder à travers le corps de quelqu'un, comme à travers une fenêtre, pour voir où la maladie se cache, et aussi la salle, avec des miroirs au plafond, où l'on guérit l'appendicite et tant de choses qui menacent la vie. 
"Puisque ici l'on empêche le mal de passer, tout devrait sembler gai et heureux, se disait Tistou. Où se cache donc cette tristesse que je sens?..." 
Le docteur ouvrit la porte de la chambre qu'occupait la petite fille malade. 
- Je te laisse, Tistou, tu viendras me retrouver tout à l'heure dans mon bureau, dit le docteur Mauxdivers. 
Tistou entra. 
- Bonjour, dit-il à la petite fille malade. Elle lui parut très jolie, mais bien pâle. Ses cheveux se déroulaient, noirs, sur l'oreiller. Elle avait à peu près le même âge que Tistou. 
- Bonjour, répondit-elle poliment, sans bouger la tête. 
Elle regardait fixement le plafond. 
Tistou s'assit auprès du lit, son chapeau blanc sur les genoux. 
- Le docteur Mauxdivers m'a dit que tes jambes ne marchaient pas. Vont-elles mieux depuis que tu es ici? 
- Non, répondit la petite fille toujours aussi poliment; mais cela n'a pas d'importance. 
- Pourquoi? demanda Tistou. 
- Parce que je n'ai nulle part où aller. 
- Moi, j'ai un jardin, dit Tistou pour dire quelque chose. 
- Tu as de la chance. Si j'avais un jardin, peut-être aurais-je envie de guérir pour aller m'y promener. 
Tistou aussitôt regarda ses pouces. "S'il n'y a que cela pour lui faire plaisir..." 
Il demanda encore: 
- Tu ne t'ennuies pas trop? 
- Pas trop. Je regarde le plafond. Je compte les petites fentes qu'il y a dedans. "Des fleurs, ce serait mieux", pensa Tistou. Et il de mit à appeler intérieurement: "Coquelicots, coquelicots!... Boutons d'or, pâquerettes, jonquilles!" 
Les graines entrèrent sans doute par la fenêtre, à moins que Tistou ne les ait apportées sous ses chaussures. 
- Tu n'es pas malheureuse, au moins? 
- Pous savoir si on est malheureux, répondit la petite fille, il faut avoir été heureux. Moi je suis née malade. 
Tistou comprit que la tristesse de l'hôpital se cachait dans cette chambre, dans la tête de cette petite fille. Il en devenait tout triste lui-même. 
- Tu reçois des visites? 
- Beaucoup. Le matin, avant le petit déjeuner, je vois la soeur-thermomètre. Et puis le docteur Mauxdivers vient; il est très gentil, il me parle très doucement et il me donne un berlingot. A l'heure du déjeuner, c'est le tour de la soeur-pilules; puis avec mon goûter, je vois entrer la soeur-aux-piqûres-qui-font-mal. Et après vient un monsieur en blanc qui prétend que mes jambes vont mieux. Il les attache avec des ficelles pour les faire bouger. Tous, ils disent que je vais guérir. Mais moi je regarde le plafond; lui, au moins, il ne me raconte pas de mensonges. 
Tandis qu'elle parlait, Tistou s'était levé et s'affairait autour du lit. 
"Pour que cette petite fille guérisse, il faut qu'elle ait envie de voir un lendemain, c'est clair, songeait-il. Une fleur, avec sa manière de se déplier, de ménager des surprises, pourrait sûrement l'aider. Une fleur qui pousse, c'est une vraie devinette, qui recommence tous les matins. Un jour elle entrouvre un bouton, le jour d'après elle défroisse une feuille verte comme une petite grenouille, et puis après elle déroule un pétale... A attendre chaque jour la surprise, cette petite fille oubliera peut-être sa maladie... 
Les pouces de Tistou ne chômaient pas. 
- Moi, je crois que tu vas guérir, dit-il. 
- Toi aussi tu le crois? 
- Oui, oui, je t'assure. Au revoir. 
- Au revoir, répondit la petite fille malade. Tu as bien de la chance d'avoir un jardin. 
Le docteur Mauxdivers attendait Tistou derrière son grand bureau nickelé, encombré de gros livres. 
- Alors, Tistou, demanda-t-il, qu'as-tu appris aujourd'hui? que sais-tu de la médecine? 
- J'ai appris, répondit Tistou, que la médecine ne peut pas grand-chose contre un coeur triste. J'ai appris que pour guérir il faut avoir envie de vivre. Docteur, est-ce qu'il n'y a pas de pilules pour donner de l'espoir? 
Le docteur Mauxdivers fut étonné de trouver tant de sagesse chez un si petit garçon. 
- Tu as appris tout seul, dit-il, la première chose que doit savoir un médecin. 
- Et la seconde, docteur? 
- C'est que pour bien soigner les hommes, il faut les aimer beaucoup. 
Il donna toute une poignée de berlingots à Tistou et mit une bonne note sur son carnet. 
Mais le docteur Mauxdivers fut encore bien plus étonné le lendemain, lorsqu'il entra dans la chambre le la petite fille. 
Celle-ce souriait; elle s'était réveillée en plein champ. 
Des narcisses poussaient autour de la table de nuit; la couverture était devenue un édredon de pervenches; de la folle avoine moussait sur la carpette. Et puis la fleur, la fleur à laquelle Tistou avait donné tous ses soins, une rose merveilleuse, qui ne cessait de se transformer, d'épanouir une feuille ou un bourgeon, la fleur montait à la tête du lit, le long de l'oreiller. La petite fille ne regardait plus le plafond; elle contemplait la fleur. 
Le soir même, ses jambes commencèrent à remuer. La vie lui plaisait." ""un